Traite des êtres humains à Pakadjuma : le CREEIJ et Free The Slaves mobilisent 50 jeunes filles et femmes à Kinshasa
La traite des êtres humains en RDC reste un défi majeur, particulièrement dans certains quartiers vulnérables de Kinshasa, où les risques d’exploitation sexuelle, de travail forcé, de mariage forcé et de violences liées au genre persistent.
Face à cette réalité, le CREEIJ (Cadre de Récupération et d’Encadrement pour l’Épanouissement Intégral des Jeunes), en partenariat avec Free The Slaves, a organisé un atelier de sensibilisation sur la traite des personnes au quartier Pakadjuma, sur une durée de deux jours.
Une formation axée sur la prévention, la protection et la dénonciation
Cet atelier a réuni 50 jeunes filles et femmes, réparties en deux groupes. La formation a été facilitée par M. Laurent Kidinda et Mme Clarisse Phola Tedika, experts du Ministère des Affaires Sociales, Actions Humanitaires et Solidarité Nationale.

Les modules abordés ont permis aux participantes de comprendre :
- la définition et les formes de la traite des êtres humains ;
- les méthodes de manipulation et de recrutement utilisées par les trafiquants ;
- les signaux d’alerte permettant d’identifier une victime ;
- les mécanismes de dénonciation sécurisée ;
- les structures de prise en charge des victimes disponibles à Kinshasa ;
- le rôle stratégique des pairs éducatrices dans la prévention communautaire.

Un résultat majeur : des victimes se sont auto-identifiées
L’un des résultats les plus significatifs de l’atelier est que plusieurs participantes ont reconnu être elles-mêmes en situation de traite, à la lumière des enseignements reçus. Cette auto-identification constitue un signal fort : l’information et la sensibilisation communautaire restent des outils essentiels pour briser le silence, protéger les victimes et prévenir la normalisation de l’exploitation.
Un réseau de pairs éducatrices pour renforcer la protection à Pakadjuma
À l’issue de la formation, un message collectif s’est imposé :
« La traite des êtres humains est un crime. »
Les 50 participantes formées représentent désormais un réseau communautaire capable de contribuer à la protection des enfants, à la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), à la prévention des cas de traite et à l’orientation des victimes vers les services médicaux, juridiques et sociaux.
Perspectives
Le CREEIJ recommande notamment :
- la prise en charge urgente des cas identifiés ;
- le suivi structuré du réseau des pairs éducatrices ;
- l’extension de la sensibilisation dans la communauté ;
- le renforcement des mécanismes de dénonciation et de protection ;
- la mise en place de programmes de réinsertion socio-économique.






